Le mouvement vers Rome

Le Jubilé de l’Espérance s’achève et les portes saintes se referment peu à peu. Un Pape l’a ouverte, un autre la clôturera. Malgré un petit pincement au cœur, le même que l’on ressent lorsqu’on quitte une bonne compagnie, la vie continue, la vie commence. Et ceux qui on pu se recueillir sur la tombe de François n’auront pas manqué de le remercier. Même s’il a pu contrarier nombre de sensibilités, des plus progressistes aux plus traditionalistes en passant par les institutions établies, c’est là la marque qu’il a su nous remuer. Les ampoules, la sueur, la fatigue, les disputes pour trouver le bon itinéraire : cela n’est pas toujours agréable mais celui qui reste assis n’arrive jamais nulle part. Et qui sent d’avantage la brebis que la brebis elle-même ?

La Pasteur nous a montré la voie, il nous guide mais personne ne marchera à notre place. Nous seuls pouvons et devons mettre un pas devant l’autre, sur des routes déjà tracées, des sillons à peine apparents ou des taillis épais où nous serons les premiers à poser le pied. Chacun avec une foulée plus ou moins longue et rapide. Je ne suis qu’un cheminant parmi d’autres et si j’écris aujourd’hui ce n’est pas pour annoncer que ma voie est la bonne et que je détiens la vérité. Non point. Je ne suis ni un gourou, ni un directeur de conscience. Juste un frère qui vous donne des conseils fraternels de ce qu’il a déjà vécu. Avec un peu d’expérience, d’échecs et de réussites. Nous partageons véritablement un seul but et il n’existe qu’une seule porte pour y parvenir :

Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Jn 14, 6

Il ne s’agit pas d’un programme américain en 10 étapes, il n’y a pas de recette magique, de balance magique qui tranche à notre place de ce qui est bien ou mal. Il n’existe qu’une méthode, pour « progresser » : la radicalité, revenir au radical, à la source, au primordial. Et dans nos sociétés sécularisées, qui fêtent Noël sans savoir qui est Jésus, où les enfants connaissent tous les recoins de Poudlard mais ne sont jamais entrés dans l’église de leur village, la boussole des croyants doit montrer la direction du Vatican. Que l’on soit catéchumène, recommençant, converti de frais ou membre du conseil paroissial depuis six générations, tourner ses oreilles vers la parole éclairée est aussi utile qu’éclairant. Et dans notre monde, notamment dans une France indifférente (et même souvent hostile) aux catholiques, elle nous permet aussi de soigner l’usure et les blessures causées par la vie que nous menons dans ce monde impie voire même totalement soumis aux volontés du tentateur.

Tout pèlerinage, qu’il soit physique ou spirituel implique toujours un retour là où nous avons été planté par Dieu. Comme avec la marée, le flux et le reflux permet d’assurer une bonne pêche. Après l’année jubilaire où chacun s’est engagée à la conversion du cœur, plein d’entrain à tenir ses bonnes résolutions, cette pêche peut être celle de bonnes pratiques. Il en va ainsi du pèlerinage comme des vacances, le plus difficile est de ne pas retomber dans les mauvaises habitudes une fois que le réveil se remet à sonner à 5h00…

La vie spirituelle n’est pas différente du sport : tout le monde ne peut pas être Ussain Bolt mais tout le monde peut courir un peu, à son rythme, pour le bien quotidien de son corps et pour gagner en endurance. Tout est question de mesure, de plaisir, de santé : une belle foulée qui fait du bien pour aller dans la bonne direction. En clair ? Quelques étirements, un bon petit-déjeuner, suffisent à une bon début de journée. La prière, la lecture des textes du jour (cf. en-tête et bas-de-page de ce blog), font partie de ces bonnes pratiques. Et si la mémoire ou le temps vous font défaut, il existe de bons sites ou applications pour vous servir de coach, comme Hozana ou Prier dans la Ville (et c’est un allergique au tout-numérique qui vous les conseille). Mieux vaut penser un peu à Dieu une fois dans la journée que pas du tout. Il n’est pas encore l’heure de présenter une thèse sur la théologie morale.

Se tourner vers Dieu ne permet pas d’obtenir un plaisir immédiat, une récompense automatique. Il ne s’agit pas de magie, mais de Foi. Le chemin est long. Il y aura même des pleurs et des grincements de dents. Mais quand on marche, savoir que l’on est sur la bonne route et voir l’horizon se dégager, apprendre à s’extirper de l’ornière ou à reconnaître les bonnes plantes des champignons empoisonnés, tout ceci redonne du baume à cœur.

L’évangile d’abord. L’Église est là pour nous rappeler que la meilleure des cartes est indéchiffrable à celui qui ne sait pas la lire mais il n’appartiendra jamais qu’à nous de faire le choix de la route et de nous y engager.

C.

Commentaires

Une réponse à “Le mouvement vers Rome”

  1. Avatar de Yokel

    http://www.belgicatho.be/archive/2026/01/28/jesus-oui-l-eglise-non-6580984.html

    Un très bon texte sur l’humanité et la sainteté de l’Église.

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